3 questions à ... Emmanuelle Assmann

En tant qu’ancienne sportive de haut niveau et experte en communication, quel regard portes-tu en général sur la place du sport dans l’image de marque employeur des entreprises ? 

Je suis persuadée que le sport est sous employé comme levier d’intégration, il a un rôle sociétal fort. La pratique sportive a un impact dans la vie des gens mais également un impact sur la productivité des entreprises. Je pense vraiment qu’il est important de remettre plus de sport dans la vie des gens et les entreprises doivent s’impliquer dans ce rôle-là. 

Il y a aussi un vrai sujet d’attractivité des entreprises – les entreprises sont à la recherche de talents, les meilleurs profils dans leurs domaines. Les valeurs et les engagements que porte l’entreprise ont un réel impact sur l’attractivité de la marque employeur. On rejoint aussi une entreprise parce qu’on est en adéquation avec ses valeurs. Et dans les valeurs, il y a des valeurs qui sont incarnées par le sport : dépassement de soi, esprit d’équipe… Et on peut parler aussi des défis sociétaux et environnementaux qui peuvent être relevés via le sport. 

Quel est le rôle du sport pour le lien humain, social, au sein des entreprises ? 

Le sport est un moyen de partager des moments plus informels avec ses collègues et notamment avec des collègues avec qui on ne travaille pas au quotidien. On apprend à connaitre l’autre et cela se ressent ensuite dans les activités professionnelles. On ressent de la complicité, une capacité à désamorcer une situation difficile parce qu’on se connait mieux.  

Et actuellement, à travers les moyens digitaux, on peut créer le lien à travers une pratique sportive partagée même à distance. Par exemple, chez EDF, des athlètes du Team EDF ont proposé sur l’intranet des vidéos de séances de sport à faire en live ou en replay.  C’est un enjeu pour les entreprises de garder ce lien et ce contact convivial. 

Tu es très engagée pour le développement de la pratique sportive pour tous. Le sport fait-il partie des facteurs d’intégration sociale des personnes en situation de handicap ?

Contrairement à la majorité des sportifs de haut-niveau, je suis arrivée au sport très tard. J’ai commencé l’escrime à 20 ans. Et ça a changé ma vie. Ce n’est pas le handicap qui a changé ma vie, c’est le sport ! C’est la pratique de l’escrime qui m’a permis de mieux appréhender mon handicap. Par l’escrime en fauteuil j’ai appris à connaitre ce nouveau corps et ses capacités. J’avais besoin de maintenir ces capacités au maximum pour garder mon autonomie. Le sport m’a permis cela. Le sport m’a permis aussi de valoriser mon image. On ne me renvoyait pas l’image de quelqu’un dans la difficulté mais de quelqu’un qui était dans la performance. La pratique sportive démontre qu’il y a encore plein de possibles et renvoie un regard positif. 

Quel que soit le handicap on peut trouver une pratique sportive adaptée. Et c’est aux entreprises aussi de proposer une activité physique accessible à tous. C’est probablement le duo sport et handicap qui rend encore plus fort. Et d’ailleurs c’est le développement de la pratique pour les personnes handicapées qui met en avant aussi le fait qu’il faut ramener vers le sport toutes les personnes éloignées de la pratique car le sport est un vrai levier d’intégration et de partage. 

Le fait d’avoir les Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024, est ce que tu penses que pour les collectivités, leur politique sportive peut changer par rapport au sport pour tous et au sport santé ?

Les jeux sont une vraie vitrine pour certains territoires, et il faut saisir cette chance pour amener du sport sur tous les terrains. L’organisation des Jeux Olympiques à Paris permettra de mettre en lumière les sites des compétitions mais aussi les actions faites au quotidien par les clubs, les associations et les collectivités pour développer la pratique sportive pour tous.

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